Comment poser du dallage ?

DEMANDEZ LA FICHE TECHNIQUE

   Tout fabricant ou revendeur de pierre naturelle à pour obligation de vous remettre une fiche technique du matériau spécifiant son nom, le lieu d'extraction ainsi que ses caractéristiques normalisées de la pierre : essais d'identité et essais d'aptitude à l'emploi. Cela vous évitera peut être d'acheter de la "Pierre des Yvelines" extraite au ... Portugal !...

Voici, en détail, la liste des caractéristiques des matériaux et l'interprétation que vous pouvez en faire

LES ESSAIS D'IDENTITE
Ils permettent de vérifier la constance des caractéristiques physiques et mécaniques du matériau
(ils doivent dater de moins de 2 ans)


L'analyse pétrographique


   Elle répond à la norme européenne NF EN 12407. La pétrographie est un outil qualitatif qui vient compléter les analyses mécaniques et chimiques réalisées en laboratoire. L'examen pétrographique, réalisé au microscope, donne un âge géologique au matériau et renseigne sur les conditions de formation du gisement. Il est possible d'expliquer la manière dont le produit se délite, se fragmente ou se casse. On peut directement voir la porosité. La reconnaissance des constituants de la roche permet de distinguer des pierres dont le vieillissement et la patine évolueront de manière différente.

   Dans le cas de restauration de monuments historiques, il peut se révéler nécessaire de déterminer l'origine des pierres et d'en déterminer les caractéristiques minérales, leur structure et autres informations telles que couleur, présence de filons, de fossiles, de discontinuités, etc.

Concrètement, l'analyse pétrographique du matériau va se présenter sous forme de descriptif dont voici un exemple :

PIERRE DE CORTON

Position géologique : Ere secondaire Jurassique - Etage Bathonien - Age : 160 millions d'années

Nature et aspect : Roche sédimentaire - Calcaire oolithique - Pierre marbrière homogène et compacte de coloris moyen brun. Présence d'oolithes et de petits fossiles cristallisés répartis assez régulièrement. Présence de marbrures rosées d'aspect nuageux se fondant dans l'ensemble. La roche prend des aspects différents en fonction des bancs et des variations de la carrière.

Exploitation : Communes de Magny-Les-Villers (Côte d'or), à 30 km au sud de Dijon


   Enfin, La pétrographie est un outil d'expertise dans le cas de litige car elle permet de s'assurer de la provenance exacte de la pierre.

La masse volumique


   Elle répond à la norme européenne NF EN 1936 qui indique la masse, exprimée en kg, d'un m³ de matériau. Ce m³ est constitué à la fois de roches et de pores (air).
   Les résultats fournissent donc une indication sur le degré de compacité d'une pierre naturelle et plus ce chiffre est élevé, plus la pierre est compacte et plus elle est compacte, moins elle est poreuse...


En moyenne, les fourchettes de masses volumiques, selon les matériaux, sont les suivantes :

- Pierres calcaire : de 1300 kg/m³ (pierres tendres) à 2800 kg/m³ (pierres froides)
- Marbres : de 2600 kg/m³ à 2800 kg/m³
- Granit : de 2500 kg/m³ à 3000 kg/m³
- Ardoise : de 2650 kg/m³ à 3000 kg/m³


   On peut voir que les marbres, les granits et les ardoises présentent des structures beaucoup plus compactes que les pierres calcaires dures, seules les pierres dites "froides" ou "marbrières" atteignent leurs niveaux.
   Il va de soit que le choix du matériau dépend de la destination de l'ouvrage et du trafic auquel il sera soumis.

- Locaux à usage individuel : les habitations (intérieurs et extérieurs).
- Locaux à usage collectif modéré : bureaux, boutiques, hall d'entrée, salles de classe ...
- Locaux à usage collectif intense : galeries commerciales, aéroports, gares ...


La porosité


   Elle répond à la norme européenne NF EN 1936 qui indique, le volume d'espaces ouverts, en pourcentage, par rapport au volume total de la pierre.
   Cette quantité a une relation directe avec la résistance et la sensibilité à l'absorption de liquides, donc à l'éventuel tachage ou pollution de la pierre naturelle.

Valeurs moyennes indicatives de la porosité des matériaux naturels (en % en volume) :

- Pierre calcaire tendre (pierre blanche) : 5 à 50 %
- Marbre et pierre calcaire compacte : 0,2 à 5 %
- Granit : moins de 1% à 2 %
- Ardoise : < à 3 %

   Le pourcentage de pores donne des indications sur le caractère ouvert ou fermé de la structure. Il existe des différences importantes entre les types de pierres calcaires. Elles découlent, par exemple, de la profondeur d'extraction et du niveau de métamorphose subi par la roche.
   On peut voir que ces valeurs peuvent être pratiquement nulles pour certains granits.
   Cela va aussi révéler si le matériau peut prendre le poli, car une roche doit avoir une structure suffisamment dense pour être apte au polissage.
   Enfin, il faut noter que les matériaux qui absorbent l'eau moins facilement, peuvent parfois aussi avoir des difficultés à la restituer (encore plus lorsque les pores du matériau ne sont pas en contact direct avec l'extérieur). La porosité d'un matériau n'a théoriquement pas d'influence directe sur sa résistance au gel, mais, cette retenue d'humidité peut travailler en sa défaveur.


La résistance à la flexion


   Elle répond à la norme européenne NF EN 12372 qui détermine le niveau de sollicitation admissible en flexion pour une pierre dans un ouvrage. Elle est exprimée en MPa (mégapascal) et parfois en N.mm² (Newton par mm² > 1 MPa = 106 Pa = 1 N.mm²)

   La connaissance de la résistance à la flexion est importante pour l'utilisation de la pierre naturelle par exemple pour des escaliers à ciel ouvert ou des parties en surplomb (balcon).
   Mais ce n'est pas tout, en matière de dallage, cette norme est fondamentale puisqu'elle va déterminer le dimensionnement du format et sa longueur maximale.
   Effectivement, selon le matériau mis en œuvre, on ne peut pas se permettre de poser des formats trop grands (80 x 80 cm, par exemple) ou trop longs (25 x 70 cm, par exemple), le risque serait la fissuration du dallage.

Ce tableau indique les valeurs dimensionnelles à respecter selon l'épaisseur des dalles


LES ESSAIS D'APTITUDE A L'EMPLOI
Ces analyses permettent d'évaluer les performances du matériau mis en oeuvre en reproduisant les sollicitations auxquelles il sera soumis. Elles permettent aussi d'évaluer la durabilité et de dimensionner les produits en pierre.
(Ils doivent dater de moins de 10 ans)


La résistance à l'abrasion


   Elle répond à la norme européenne NF EN 14157 qui détermine l'usure par abrasion (en mm) des revêtements de sols.

   La résistance à l'abrasion (ou à l'usure) indique la sensibilité de la pierre lorsqu'on lui applique un frottement dû au passage, à la circulation. Plus les chiffres obtenus lors des essais sont élevés, plus la pierre s'usera rapidement.
   Sur la base des valeurs obtenues, la norme classe les matériaux en fonction de leur leur usage dans les locaux (usages collectif intense, collectif modéré ou individuel).

Ce tableau indique les valeurs minimales de résistance à l'usure
des matériaux selon leur destination



L'absorption par capillarité


   NF EN 772-11 Détermine la quantité d'eau que la pierre sèche peut absorber, par unité de temps et de surface. Ceci ayant pour effet une prise de masse du matériau, c'est pourquoi elle est évaluée en g/m² .s0,5.

   Cette information n'a pas d'intérêt en matière de dallage. Elle s'adressent aux pierres massives de constructions soumises aux risques de remontés d'eau par capillarité comme les soubassements.

Pour information : le taux de capillarité d'une pierre pour une telle utilisation doit être inférieur ou égal à 130 g/m² .s0,5


La résistance à la compression


   Elle répond à la norme européenne NF EN 1926 qui indique jusqu'à quelle pression, en N/mm² (Newton par millimètre carré), appliquée sur le matériau, aucune cassure ne se produit.
   Cette norme peut aider à sélectionner un type de pierre naturelle qui présente la résistance à la compression souhaitée pour des contraintes de pression spécifiques auxquelles un élément porteur sera exposé dans le bâtiment (linteau, pilier, colonne, piédroits de portes, console des encorbellements, ...).
   En matière de dallage, cette information, n'a pas d'intérêt fondamental.

Valeurs moyennes indicatives de résistance à la compression des matériaux naturels :

- Pierre calcaire : 2 à 240 N/mm²
- Marbre : 40 à 230 N/mm²
- Granit : 80 à 400 N/mm²
- Ardoise : 40 à 260 N/mm²

   Les résistances à la compression sont très différentes pour tous les types de matériau et c'est encore le granit qui obtient les performances les plus élevées.

La résistance au gel


   Elle répond à la norme européenne NF EN 12371 qui détermine l'effet des cycles de gel/dégel sur les pierres naturelles.
   Elle est évaluée en nombre de cycles pour un usage spécifique (dallage extérieur, soubassement, dalle de balcon, corniche, ...) et selon la zone cantonale d'exposition.

Le classement de chaque canton de France signale son niveau d'exposition au gel - De gel très faible à gel sévère (avec des zones intermédiaires).

* Zone A - Gel très faible : pas plus de deux jours ayant atteint une température inférieure à - 5° C. La pierre doit résister à au moins 24 cycles de gel / dégel.
* Zone B - Gel faible : pas plus de quatre jours ayant atteint une température inférieure à - 6° C. La pierre doit résister à au moins 24 cycles de gel / dégel.
* Zone C - Gel modéré : pas plus de dix jours ayant atteint une température inférieure à - 10° C. La pierre doit résister à au moins 48 cycles de gel / dégel.
* Zone D - Gel sévère : plus de dix jours ayant atteint une température inférieure à - 10° C. La pierre doit résister à au moins 96 cycles de gel / dégel.

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La résistance à la glissance


Elle répond aux normes suivantes :

- NF EN 14231 Détermination de la résistance à la glissance au moyen du pendule de frottement
- NF EN 1341 Dalles pour pavage extérieur – Exigences et méthodes d'essai
- NF EN 1342 Pavés pour pavage extérieur – Exigences et méthodes d'essai

   Elles déterminent une caractéristique essentielle de sécurité pour l'utilisation de la pierre en revêtement de sol, la glissance, exprimée en unité de glissement.
   La valeur de résistance à la glissance est principalement définie par la finition de surface des dalles. Pour des applications où la sécurité de glissement est importante, on opte pour une finition de surface plus rugueuse.
Après un certain temps d'utilisation, la résistance au glissement d'un dallage peut être modifiée par l'usure, la patine et par les produits d'entretien.

   Les essais sont effectués dans des conditions mouillées sur une finition superficielle brute de sciage (USRV). D'autres essais sont réalisés sur les finitions superficielles du produit fini. Dans ce cas, l'essai est effectué aussi bien dans des conditions sèches que mouillées (SRV « sec » et « mouillé »). La valeur d'essai est inversement proportionnelle à la glissance, par conséquent plus la valeur obtenue est élevée, et plus la glissance de la surface est faible.

Un taux de glissance peut être considéré comme sécuritaire lorsque la valeur est supérieure à 35.


La résistance aux attaches


   Elle répond à la norme NF EN 13364 qui détermine l'effort de rupture d'une dalle de revêtement, en fonction de la nature du matériau, de son épaisseur et de la position du goujon d'attache.

   Cette donnée concerne les dalles de revêtements de façade verticales en pierre attachées par des goujons. Elle n'a donc aucun intérêt concernant la pose des dallages.



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