Comment poser du dallage ?


LA POSE SCELLEE

La mise en œuvre des sols scellés doit se conformer au DTU 52.1 -

Cette pose est impérative si la chape n'est pas parfaitement plane
Elle convient aussi bien en extérieur qu'en intérieur et permet éventuellement de loger les canalisations.
La pose scellée est applicable pour des dalles d'épaisseur de 15 mm, 20 mm ou plus.


Travaux préparatoire

   Indépendamment de la technique de pose choisie, avant toute mise en oeuvre des dalles, le support de pose doit être nettoyé et parfaitement sec.
Cette pose ne doit pas être effectuée sur un support béton récent, six mois devront s'être écoulés depuis sa confection. Ce délai est ramené à un mois dans le cas d'un dallage ou chape.

   Sur la base des références des éléments de hauteur fixe : palier ou seuil de porte, le plan de pose est préparé en définissant sur les parois des repères à une hauteur fixe. Les marques sont repérés idéalement à l'aide d'un niveau laser.

   On peut également réaliser ce marquage à l'aide d'un niveau à eau et un cordeau traceur (appelé aussi cordeau bleu...) :
1 - Tenir compte de l'épaisseur du dallage et déduire cette cote sous le seuil. à partir de ce point, tracer un premier trait au niveau à eau à 1 mètre. Marquer nettement le trait au cordeau traceur.
2 - A partir de ce repère haut, toujours avec le cordeau, reporter en bas la cote de 1.00 mètre sur le pourtour de la pièce.



Couche de désolidarisation


   Une couche de désolidarisation et de coupure de capillarité peut être nécessaire, voir conseillée pour garantir une meilleure isolation du dallage. Cette couche placée entre le support (dalle béton) et le mortier de pose évite la fissuration des dalles dues au efforts provenant des mouvements différentiels et des déformations, ainsi que des éventuelles remontées de sels divers présent dans le support, sels pouvant à posteriori créer des efflorescences sur les carreaux.

   Elle est réalisée de diverses façon :
- Avec un film de polyéthylène d'au moins 150 µm (0.15 mm) d'épaisseur et un lit de sable stabilisé de 1 cm minimum (notre croquis).
- Avec un feutre bitumé type 36S (norme NF P84-313 et P 84-315)

   La pose sur isolant spécial est possible, mais n'est autorisée que sur isolant de classe de compressibilité I ou sur tout isolant acoustique d'épaisseur inférieure ou égale à 3 mm.



Préparation des mortiers

Le sable à utiliser est du sable de rivière ou de carrière
Exclure totalement le sable de dune non lavé et le sable à lapin ainsi que les ciments de laitier, de hauts-fourneaux et tous ciments gris contenant des alcalis qui provoquent par évaporation de l'eau de gâchage des taches brunes en surface.


   Composition du sable stabilisé :
• Sable (granulométrie de 0 à 5 mm) sans impuretés
• 100 à 150 kg de ciment blanc par m3 de sable


   Composition du mortier de pose :
• 4 volumes de sable blanc (granulométrie de 0 à 2 mm) sans impuretés
• 1 volume de ciment blanc
• Eau (le moins possible)


   Les ciments contiennent donc des alcalis. Ce sont des oxydes de sodium et de potassium qui, lors du gâchage, vont s'hydrater avec l'eau pour fournir des hydroxydes extrêmement solubles (soude et potasse caustique). Ils sont plus ou moins dosés selon le type ou la classe à laquelle ils appartiennent et aussi selon les procédés de fabrication des producteurs.
   Le ciment gris en contient beaucoup plus que le ciment blanc alors que la chaux n'en contient pratiquement pas.
   Un mortier bâtard ou mortier à base de chaux peut donc être réalisé. De plus, la présence de chaux rend le mortier souple et élastique, ce qui diminue favorablement les risques de fissuration dus au tassement du dallage. La présence de la chaux donne également une meilleure imperméabilité au dallage et au joint.
   Seul inconvénient, l'utilisation de la chaux génère un retard à la mise en service du sol, puisque la résistance maximale sera atteinte plus tardivement qu'avec le ciment blanc seul.

   Composition du mortier bâtard de pose :
• 4 volumes de sable blanc (granulométrie de 0 à 2 mm) sans impuretés
• 0,3 volume ou le tiers d'un volume de chaux blanche (type Lafarge TRADIFARGE ® - Holcim NHL 5 - Calcia - ...)
• 0,7 volume ou les deux tiers d'un volume de ciment blanc
• Eau (le moins possible)


   On peut également opter pour des mortiers "tout-prêt" de type Lafarge, Weber & Broutin (FERMACIM), .... En prenant soin de bien vérifier leur compatibilité avec la pierre naturelle.

Quantité : l'épaisseur du mortier de pose est de 2 cm à 5 cm selon les dimensions des dalles. Elle ne sera jamais localement inférieure à 1 cm.
Gâchage : Les mortiers sont gâchés de préférence au malaxeur.

Niveaux de pose

   On réparti sur le sol, à intervalles réguliers, des " plots de référence " à base de mortier maigre. Ces niveaux peuvent être reliés par des bandes, formées elles aussi du même mortier bien nivelé. L'ensemble représente des repères fixes et servira à tirer les nus.




   Avant la pose, les dalles doivent être contrôlées, triées et mélangées selon les éventuelles variations de coloris. Cette vérification fera gagner du temps au moment de la mise en oeuvre et permet de mettre de côté les pièces pouvant présenter un léger défaut (utilisable pour les découpes)

La pose à la règle

- Le mortier est étalé sur la base des nus préalablement réalisés, tiré à la règle, compacté et taloché afin d'obtenir une surface parfaitement plane et nivelée

- Eviter le saupoudrage de ciment pur avant la pose et ne pas humidifier les dalles. Poser et régler les niveaux à l'aide d'une batte frappée au maillet de carreleur

- Respecter les joints en plaçant des croisillons entre les dalles

- Essuyer immédiatement à l'éponge ou au chiffon, propre et bien essorée, le surplus de ciment au pourtour des joints, sur la largeur du joint seulement, en évitant le barbouillage sur la surface des dalles

- Ces opérations ne sont pas faites par grandes surfaces, mais par travées, de telle façon que le battage ait lieu sur le mortier encore plastique



La pose à la bande

- La pose à la bande consiste à répandre le mortier de pose par bande un peu plus large que celle de la dalle à poser au fur et à mesure de l'avancement

- Avant le début de prise du mortier, les dalles sont réglées au cordeau et nivelées à l'aide d'une batte frappée au maillet de carreleur

- Respecter les joints en plaçant des croisillons entre les dalles

- Essuyer immédiatement à l'éponge, propre et bien essorée, le surplus de ciment au pourtour des joints, sur la largeur du joint seulement, en évitant tout barbouillage inutile de la surface des dalles



La terrasse extérieure - Pose sur dalle

   Une terrasse extérieure est exposée aux intempéries, il faut prévoir une pente extérieure d'au moins 2% (2 cm par mètre). Cette pente peut être encore accentuée si les joints sont légèrement creusés ou les dalles irrégulières (opus clivé).
Le but est que l'eau ne stagne pas dans les creux et protège ainsi du risque de glissade en hiver, de fixation de terre et de lichen, ou encore de dégradations dues au gel.

   Afin de permettre à l'eau de ruisseler vers l'extérieur, mettre en place un tapis drainant (de type Teradrain ou Somtube FTB...). Cette action se révélera indispensable concernant les terrasses sur balcon, sur béton isolé (par ex. au dessus de garages ou de caves) afin de garantir tout risque d'infiltration.

Recommandations importantes


Il est conseillé de ne pas mouiller les dalles à la pose car tout excès d'eau peut affaiblir le mortier et diminuer son imperméabilité.
L'eau s'évapore pendant la prise du mortier de pose en traversant la pierre. Les matières en suspension et les sels dissous se résolvent en pulvérulence. Des efflorescences de nature et couleurs diverses sont entraînées peu à peu en surface ou elles s'accumulent en formant des taches brunes.

Les mortiers sont préparés au fur et à mesure de l'avancement des travaux. L'emploi de mortier desséché ou ayant commencé à faire prise est interdit.

La pose de pierres naturelles dans un mortier liquide est à déconseiller. Le mortier doit être battu de telle façon qu'il présente une consistance homogène et plastique.

Il est interdit de mettre en œuvre la pose d'un dallage par temps de gel et de poser des dalles ayant subi un gel dans les 48 heures.
La température de pose d'un dallage se situe entre +5° C et +30° C.

Après la pose, il est recommandé de ne pas recouvrir le dallage avec tout moyen de protection (cartons, bâche plastique,...) avant 30 jours de séchage. C'est ainsi que, si le chantier le permet, il faut que le dallage soit posé en dernier, après tous les corps de métier.

Si la chose n'est pas possible et que des travaux doivent se faire après la pose du dallage, il est indispensable de protéger ce dernier d'une façon efficace et la meilleure sera d'étendre sur le dallage des plaques de polystyrène expansé en 15 mm d'épaisseur minimum. Ces plaques sont maintenues par des rubans adhésifs qui assurent en même temps l'étanchéité de la protection.

La zone dallée doit être protégée de la circulation pendant 24 h et de toute charge lourde pendant 7 jours au moins après la pose.

Créer un joint de dilatation périphérique (à l'intérieur) ou le long de la façade (pour une terrasse) est indispensable pour contrecarrer :
• la dilatation thermique
- du sol
- du bâtiment
• le retrait lors du séchage de l'ensemble pierre naturelle/chape.

De plus, la structure et le dallage se dilatent par période chaude et se contractent par temps plus froid. Si on oublie de laisser un joint de dilatation, ce phénomène normal ne pourra pas se dérouler normalement et les dalles risquent de se fissurer.
L'espace compris entre le dallage et le mur se situe entre 8 et 10 mm sur toute la périphérie ou contre la façade.
Les joints de dilatation doivent être exécutés dans la forme, dans le mortier de pose et dans le revêtement.
Cet espace peut être laissé vide, la plinthe vient le masquer ou bien il est comblé avec un joint en silicone. Attention, les plinthes sont collées au mur, pas sur le dallage, ceci afin de le laisser travailler sans contraintes.

Les joints de fractionnement de la surface sont aussi indispensable que les joints de dilatation.
Ils sont réalisés dans l'épaisseur de la pierre et du mortier de pose et garnis d'une matière déformable et imputrescible (plastique préformé, mastic élastomère).

- Sols intérieurs : quelle que soit la géométrie de la pièce il ne doit pas y avoir de surface de plus de 40 m² ni de longueur de plus de 8 m sans joint de fractionnement. Idem à chaque passage de porte et tous les 8m dans des couloirs ainsi que dans les angles saillants des pièces en L - Largeur de 3 à 5 mm.

- Sols extérieurs : Joints souples limitant les surfaces inférieures à 25 m² et des longueurs inférieures à 6 m - Largeur 8 mm.

Quand aux joints courants de finition entre les dalles, ils se font au plus tôt 24 h après la pose. Ils sont garnis d'un mortier de ciment blanc + chaux fortement dosé (300 kg/m3), ou de mortiers prêts à l'emploi adaptés pour la pierre (Weber & Broutin : fermajoint DL, par exemple ...)

Le jointoiement se fait joint par joint, à la spatule ou une jointoyeuse électro portative (Jointoyeuse LAPORTE", destinée à la confection des joints de dallages, de 5 à 25 mm de large). Il ne faut pas couler du joint liquide et souiller toute la surface du dallage en étendant de la barbotine liquide avec une raclette en caoutchouc (comme il est d'usage de le faire pour les carrelages). Un tel procédé remplit inutilement les pores de la pierre de mortier à joint et la laisse sale et terne. Cela gênera également le processus naturel de patinage de la pierre.

- Sols intérieurs : la pose jointive est interdite, les joints seront de 1 mm au minimum (joints marbriers). Plus couramment, les joints varient de 2 à 3 mm.

- Sols extérieurs : Les joints ne doivent pas être inférieurs à 5 mm.

Pendant la période de séchage, arrêter tous chauffages au sol (basse température, électrique, géothermique, …), la température du sol doit rester à une température ambiante mais ne doit pas être inférieure à 5°.

Les traitements de surface exécutés après pose tels que ponçage, masticage, polissage, détruisent la formation naturelle en surface de la pierre d'une pellicule de carbonate de chaux (calcin), réaction chimique d'autodéfense du matériau, qui avec le temps, lui permettra de mieux se défendre contre l'agressivité du temps et de l'homme. Ces traitements sont à proscrire sur sols anciens situés à l'extérieur.

Premiers nettoyages et début de l'utilisation du sol :

- Passer l'aspirateur minutieusement pour retirer le maximum de poussière provenant des travaux.
- Laver le sol avec une serpillière humide pour retirer un maximum de poussière fine encore présente sur la pierre.
- Un traitement hydrofuge classique, adapté à la pierre, peut alors seulement être appliqué avec des produits du commerce. Attention, la plupart de ces produits doivent s'appliquer sur un matériau parfaitement sec, sous peine "d'auréoler"...

Entretien hebdomadaire :

Il faut préconiser le lavage à l'eau pure additionnée de savon de Marseille ou de savon noir en respectant les dosages habituels formulés par le fabricant (ne pas utiliser de savon noir avec adjuvants ou huile de lin).
Lors de la fabrication de son calcin, la pierre forme en surface une pellicule de carbonate de chaux. C'est une réaction chimique naturelle d'autodéfense du matériau qui lui permet, avec le temps, de mieux se défendre contre l'agressivité des souillures extérieures.
Au fil du temps, les pierres vont se transformer et prendre une teinte légèrement satinée.

Proscrire totalement les produits d'entretien contenant des alcalis libres (soude, potasse, ammoniac, eau de javel, détergent synthétique, …) et les produits acides mêmes dilués, les abrasifs, les encaustiques dénaturées, les cires, encaustique à l'huile de lin et tous les produits d'entretien quels qu'ils soient qui bouchent les pores de la pierre et empêchent le contact de l'eau avec le matériaux.


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